TRAUMATISME?
Vous avez dit traumatisme ...
Point de vue de la Maieusthésie et du Focusing
Une situation est traumatisante parce qu'elle impossible à gérer dans l'instant, et non parce qu'elle serait grave (“grave” n'est pas un terme objectif. C'est le jugement que je porte sur une situation. Mais ceci est une autre histoire) .
Du point de vue de la maïeusthésie, lorsqu'une situation est vécue comme traumatisantes, la psyché se coupe. elle se sépare de la partie blessée pour pouvoir continuer à avancer. Elle la place à l'abri en attente de réparation. Il y a là pour une partie de moi, que j'appellerai le mental, un épisode traumatique ingérable. Il va faire abstraction de cette situation et recréer un monde logique et cohérent qui lui permet de fonctionner sans cette réalité douloureuse, en se tenant à l'écart de ce qui pourrait rappeler cet épisode difficile, impossible à accueillir. La réponse sera peut-être du déni, de la fuite, du combat ou toute autre conduite.
Le projet étant évidemment de se tenir loin de cette situation douloureuse. L'information de la blessure est néanmoins conservée. Elle est en attente. Elle demandera à être traitée. Une de manières de demander à être traitée est justement de mettre sur le devant de la scène toutes les situation qui pourraient ressembler au traumatisme initial, non seulement parce que c'est un point sensible, mais aussi pour ne pas perdre de vue qu'il convient de ne pas l'oublier. Un peu comme in téléphone sonne jusqu'à ce que quelqu'un décroche enfin.
Adopter une posture d'évitement me permet de continuer à avancer. Selon le focusing, elle me place aussi en situation d'incongruence: les conduites que je mets en place pour éviter ce que je ne souhaite pas revivre ne vont pas exactement dans la direction de ce que j'aspire à vivre profondément en terme de paix, de relâchement etc. Il en résulte un inconfort. Si j'y fais attention, je peux le ressentir corporellement. Le focusing appelle cela le sens corporel d'une situation. Il est un indicateur que quelque chose ne va pas comme je le souhaiterais vraiment. Cela signifie également que quelque chose en moi SAIT ce que je souhaiterais vivre. Cette connaissance peut-être à la fois très confuse, très diffuse, très facile à bâillonner, et très sûre en même temps.
L'inconfort vécu est à entendre comme le signal que quelque chose peut être amélioré. La voie de cette amélioration passe par la rencontre avec ce qu'on cherche précisément à éviter. Rencontrer ne signifie pas revivre, ni accepter, ni suivre…. Rencontrer, c'est avant tout reconnaître, prendre acte de ce qui se vit, parce que de toutes façons, c'est ceci qui se vit!
Paradoxalement, le rencontre permet la mise à distance. En rencontrant ce qui est désagréable ou douloureux, je peux me rendre compte qu'il y a moi, et qu'il y a autre chose.Je peux me défusionner de cet inconfort, de cette situation. Parce que je l'ai vue. Il est alors possible de retrouver le contact avec un élan personnel qui connaît ce qui est juste pour moi, e du lui faire confiance! Cette justesse se sent, corporellement. Le focusing parle de “ressenti corporel”.
Le ressenti corporel offre une justesse brute. Tout à la fois, elle se nourrit de la rencontre avec l'inconnu, avec le nouveau, avec l'intuition et permet d'y accéder un peu plus.
Le mental ne connaît que le connu. Il sait proposer de la logique
Et nous avons besoin des deux!
Le sens corporel est un pont entre ma conscience et ce qui est vécu. Le focusing lui offre un espace pour qu'il puisse être.
